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Le multi-tasking : tout le temps partout mais jamais nulle part

L'équipe Vive La Vente, 14 avr. 2017

Le multi-tasking semble beau en proposant de pouvoir faire plusieurs choses en parallèle. La technologie nous le permet : nous sommes parfois omnipotents et omniscients. Ou nous avons tout au moins l’impression de l’être…

 

L'addiction au smartphone contreproductif 

Sauf que le check de mails, sur ordinateur et sur téléphone en réunion, est complètement addictif et créé une relation de dépendance qui nuit à notre libre arbitre et donc à notre puissance. J’ai eu mon 1er BlackBerry en 2007 et j’avais beaucoup de mal à résister à cette petite lumière rouge qui clignotait jour et nuit. J’étais hyper connecté, mais jamais en connexion ni avec moi-même, ni avec le « ici et le maintenant », c’est-à-dire avec la personne en face de moi. Cette pratique, largement répandue lors de meetings de routine, limite la qualité de la relation avec son interlocuteur; et c’est parfois des sujets anodins que se révèlent des opportunités ou des enjeux stratégiques (oui, je fais référence à la machine à café ! mais aussi aux débuts et aux fins de réunion où l’attention est relâchée et où les vrais sujets émergent).

Mais le fond du problème est que ce TOC moderne se produit aussi dans les meetings stratégiques. Je participais récemment au Comité de Direction d’une boîte qui fait environ 10 milliards de CA. Le PDG n’a pas décroché son BlackBerry des yeux alors qu’une dizaine de ses plus proches collaborateurs et quelques consultants présentaient et débattaient d’orientations stratégiques quant au renouvellement de contrats d’une valeur d’environ 10 millions d’euros. J’analyse ce micro-événement sous 2 options :

  • soit le PDG estimait que ce sujet était trop « petit » pour lui ; et dans ce cas il a perdu un temps précieux à assister aux discussions,
  • soit le temps pris pour ce sujet était trop long par rapport aux grandes capacités de compréhension et d’analyse du PDG ; dans ce cas il s’agit pour lui de challenger ses équipes pour qu’elles arrivent mieux préparées. Mais comme 93% de la communication est non verbale, même un génie aurait du mal à saisir tout ce qui se joue dans un meeting avec le nez collé à son téléphone. Alors, pourquoi ce comportement est-il si fréquent ? Parce qu’il donne le sentiment de la toute puissance et du contrôle !

 

En répondant à mes mails je suis partout en même temps. Et nulle part à la fois. La responsabilité de chacun en entreprise est de choisir ses sujets d’intervention (savoir dire non) puis de s’y engager à fond (en ayant suffisamment d’estime de soi pour ne pas craindre le jugement des autres).